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Nature suivante – Lucien Roux


14.09
Exhibition

14h > 18h

Vernissage le 14.09 / 18h > 21h

Lucien Roux

14.09 > 19.09

Infos pratique

Rivoli Building – Chaussée de Waterloo 690,
1180 Bruxelles

 

www.le-balcon.be
contact@le-balcon.be

Ig @lebalcon_project

 

Entrée libre
Trams : avec la ligne 7 (arrêt Bascule) les lignes 8 et 94 (arrêt Legrand)
Bus : avec les lignes 38, 136, 137 et 365a (arrêt Bascule)

Parking payant au sous-sol du bâtiment.

L’accès se fait par un escalier intérieur (sans ascenseur).

Le Balcon

En 1927, dans sa correspondance avec Sigmund Freud, l’écrivain Romain Rolland (Fr, 1866-1944) développe pour la première fois le concept de « sentiment océanique », qu’il décrit comme l’impression, religieuse ou non, de ne faire qu’un avec l’univers. L’origine de cette sensation remonterait aux premières années de la vie, lorsque la conscience de l’enfant n’est pas encore assez développée pour lui permettre de différencier son propre corps du monde qui l’entoure(1).

Les œuvres de Lucien Roux procèdent de cette même indétermination. Par son choix de dessiner à l’aérographe – un pistolet à air comprimé qui disperse le trait en une infinité de minuscules points d’encre – il fond ses sujets en une même matière aérienne qui annule tout rapport d’échelle.

Pour l’exposition Nature suivante, présentée par le collectif bruxellois Le Balcon à l’occasion de la deuxième édition de Brussels Drawing Week, il réalise une série de dessins à l’encre et à l’aquarelle interrogeant les rapports qu’entretient l’humain au paysage : Comment la représentation de la nature est-elle liée à une expérience physique de l’espace par le mouvement ? Et comment s’est-elle progressivement détachée du symbolique au fil des découvertes scientifiques et du perfectionnement des outils de mesure, d’observation et de cartographie ?

Ses recherches se basent sur l’étude de différentes sources photographiques : les clichés de Mars réalisés quotidiennement par les rovers américains Opportunity, Curiosity et Perseverance qui s’y sont succédés au cours de ces deux dernières décennies(2) ; les photographies scientifiques prises par l’observatoire Percival Lowell en Arizona entre 1907 et la fin des années 60(3) ; ainsi que des images d’archives de la conquête de l’Ouest Américain conservées par la New York Public Library et la Library of Congress à Washington. Du sol martien aux vastes étendues américaines, il ne s’agit plus que d’un seul territoire contenu tout entier par le dessin.

Son traitement pictural crée l’écart, provoque cette inexactitude qui alimente depuis longtemps les fantasmes de vie extraterrestre. Mais au-delà de la science-fiction et de la fascination qu’exerce l’infini spatial dans notre inconscient collectif, Lucien Roux met en exergue la portée géopolitique actuelle du territoire martien qui suscite encore des rivalités entre plusieurs grandes puissances mondiales comme les États-Unis, la Chine et les Émirats arabes unis – et nourrit les projets de tourisme ou de colonisation spatiale de riches entrepreneurs.

 

Bien qu’éthérées et contemplatives, les œuvres de Lucien Roux soulignent la capacité de ces images à réactiver une certaine idéologie de la conquête basée sur l’éternelle soumission de la nature par la technologie humaine.

  1. Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation, 1930, pp.11-13.
  2. Développées dans le cadre du programme d’exploration spatiale de la planète Mars par la NASA, Opportunity, Curiosity et Perseverance sont des astromobiles (Rover) déployées sur Mars dans le but de « comprendre la formation de Mars en tant que planète, l’histoire des processus géologiques qui l’ont façonnée, mais également d’étudier son potentiel à avoir accueilli la vie, et l’exploration future de Mars par les humains » (source : Site web Mars Exploration Program – NASA). Opportunity a été en service de 2003 à 2018. Curiosity a été mise en service en 2012, Perseverance en 2020 et elles sont toujours sur Mars.
  3. Photographies tirées de A photographic story of Mars de l’astronome Earl C. Slipher publié en 1962. 

 

Lucien Roux est né en 1990 à Paris (France). Il vit et travaille à Bruxelles (Belgique).

Formé à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon (France), il intègre ensuite l’atelier de Stephan Balleux à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles et sort diplômé en 2015.

Lucien Roux a été nominé du prix Art Contest en 2017. Il a remporté le prix Émile Sacré de l’Académie de Belgique en 2016, le prix Horlait-Dapsens en 2015.

Il a bénéficié d’expositions personnelles importantes telles que Fade Out à la Galerie Houg à Paris en 2020, Vanishing Point à La Chambre Galerie à Bruxelles en 2019 et Périscope à La Réserve à Bruxelles en 2018.

Il a également participé à des expositions collectives significatives dans le cadre du Venice Art Project à Venise en 2019, de la 68ème édition du festival Jeune Création à Paris en 2018 et de l’exposition des nominés du concours Art Contest à Bruxelles en 2017.

Lucien Roux vient d’intégrer la résidence 38ème Symposium du Musée d’art contemporain de Baie Saint-Paul (Canada) et a été résident de la Fondation privée du Carrefour des Arts à Bruxelles en 2017.